Les citajours de Syldia

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04 mai 2009

La petite dernière

Petite, j’ai tant bien que mal essayé de me faire aimer et accepter par mon frère et ma sœur.

Je n’avais alors pas conscience des rancœurs que ma venue avait dû éveiller en eux. Je me sentais souvent de trop, mais sans comprendre pourquoi.

« La petite dernière » : trop petite pour avoir une place avec eux, dans leurs jeux ; trop dernière qui accaparait à leurs yeux les attentions paternelles, entre autres choses.

Je me suis sentie plus spectatrice de la fratrie que membre à part entière.

Mes souvenirs de cette période ont longtemps été ceux d’une petite fille méchante, qui poussait dans les escaliers, qui écrivait son nom dans les livres, qui obtenait tout ce qu’elle voulait. Ces souvenirs, j’ai mis du temps à réaliser qu’ils n’étaient pas les miens, mais ceux qu’on m’avait offerts sur un plateau, resservis à chaque fois que c’était possible pour que je n’oublie pas que j’étais une méchante petite fille.

Je pense pourtant que j’étais une enfant comme les autres, ni plus gentille, ni plus méchante. Juste une petite fille bien ordinaire.

Je comprends pourquoi, adulte, j’ai toujours fait acte de présence, toujours essayé d’être là quand on avait besoin d’aide, une manière bien inconsciente de prouver que j’avais une place à tenir. Pas d’altruisme, ni de Mère Térésa en moi, juste besoin de montrer aux autres et à moi-même que je servais à quelque chose.

Mais qu’on soit enfant ou adulte, les choses ne changent guère. Je suis toujours la « petite dernière », on me présente encore comme cela, avec un petit sourire, on n’hésite pas à réveiller la méchante petite fille en racontant encore et toujours le jour où elle a poussé dans les escaliers, ( c’est sûrement vrai mais je ne m’en souviens pas. Ce qu’on n’a et qu’on me m’a jamais raconté, c’est ce qui s’était passé avant ) le jour où ci, le jour où ça…

Malgré tout, malgré les années et les relations d’adulte, j’ai réalisé qu’il ne fallait pas grand chose pour que le schéma enfantin refasse surface. Les jalousies et les rancœurs ont la dent dure. Elles survivent à l’enfance. C’est dommage, mais aujourd’hui, c’est tant pis.

L’important, c’est que je sais maintenant que je n’étais pas une méchante petite fille.

Posté par Syl69 à 21:56 - Textes - Commentaires [18] - Permalien [#]

Commentaires

  • Je ne peux pas t'imaginer en méchante petite fille, ça non.

    Posté par phil, 04 mai 2009 à 23:04
  • Et moi non plus !
    En ouvrant ta page, je suis un peu surprise de trouver ces mots, cette "confession" ; mais c'est bien je trouve, c'était sûrement le bon moment d'écrire cela
    Je crois qu'un enfant méchant, ça n'existe pas ! Il y a, comme tu dis, ce qui s'est passé avant. On oublie trop souvent de remettre les choses dans leur contexte.
    Ces jours-ci, comme j'ai du temps pour cogiter, je pendais à mon enfance, et je me suis rendue compte, avec tristesse, qu'il y a plein de trous dans ma vie, pas de souvenirs, des pages blanches, des pages qui ne s'écriront pas... la mémoire est sélective, mais quand même ! Je me demande si tu connais ça...

    Posté par Pralinette, 05 mai 2009 à 11:44
  • euh... je penSais, bien sûr ! la pendaison, très peu pour moi )

    Posté par Pralinette, 05 mai 2009 à 11:45
  • Elevée

    dans la même famille, les fréres et soeurs ne gardent pas la même mémoire des choses.J'ai 5 et 6 ans avec ma soeur et mon frére , j'ai été la petite derniére pendant 8 ans et est arrivée ma petite soeur.J'ai toujours été trés indépendante( sans doute pour prouver ma place!!!!!) , ne suivant pas le chemin tracé. Je reste aujourd'hui encore dans leurs propos "celle qui ne fait pas comme tout le monde", et c'est toujours vrai comme cela a été tout au long de ma vie, mes frére et soeurs m'en ont gardé une pointe de jalousie.
    Syl , c'est bien que tu puisses dire maintenant "tant pis" et que tu es intégrée que tu n'étais pas une méchante petite fille.

    Posté par michèle, 05 mai 2009 à 12:53
  • PHIL : Ni en ange, j'imagine !

    PRALIE : Pourquoi surprise ? Ce n'est pas la première fois que je mets en mots des choses ressenties.... Et puis, s'il te plait, pas de "confession", tu sais ce que j'en pense de ce mot et ce qu'il y a derrière !
    Oui, tu as raison, la mémoire est sélective et aussi très influençable. On a aussi des périodes qui semblent vides, dont on ne semble garder aucune trace, et pourtant, je suis sûre qu'il suffit de pas grand chose pour réveiller des souvenirs enfouis

    MICHELE : Chaque personne à ses souvenirs, qui ne sont pas ceux de ses frère ou soeur, car on ne vit pas les choses de la même façon. Chacun a ses blessures; mais il est un temps où il faut soigner les siennes et ne pas les faire porter par les autres. N'est-ce pas cela être adulte ?

    Posté par Syl69, 05 mai 2009 à 19:43
  • PRALIE : Oui, un "S", je préfère !

    Posté par Syl69, 05 mai 2009 à 19:44
  • si j'avais les ailes d'un ange, je m'envolerais pour Québec...
    R. Charlebois

    A propos de confession, je suis allé voir hier soir le film Gran Torino : à voir absolument.

    Posté par phil, 05 mai 2009 à 22:34
  • PHIL : Alors tu n'es pas encore un ange toi non plus !
    Et je vais chanter toute la journée Charlebois maintenant !

    Posté par Syl69, 06 mai 2009 à 07:06
  • Confession..... oups, désolée, en écrivant ce mot je n'avais nullement devant les yeux l'image du confessionnal ! pas plus que la personne qui y sévit ! mais sans doute aucun autre mot ne m'est venu de suite pour exprimer cette note où tu te confies Confidences serait mieux non ?
    Oui tu as déjà écrit des choses de ta vie, mais cela reste assez rare sur ce blog.
    Pour les souvenirs je suis assez perturbée, en ce moment je fouille ma mémoire et je ne trouve rien sur certaines périodes, le problème est que ma Maman n'est plus capable de me dire des choses qui puissent réveiller en moi ces bouts de vie manquants. Les autres membres de la famille... disparus ou "inconsultables"...

    Posté par Pralinette, 06 mai 2009 à 08:05
  • Un enfant méchant ça n’existe pas, il y a seulement des enfants en souffrance !
    Un enfant n’est pas méchant car il n’a pas de choix qui s’offre à lui.
    Dans ce texte, Il me semble voir, une petite fille qui a eu du mal à trouver sa place, mais qui a su retourner cela en force pour révéler sa vraie personnalité, une gentille petite fille quoi !

    Posté par fadeto, 06 mai 2009 à 08:37
  • PRALIE : Il ne faut pas voir plus loin que les mots qui sont écrits. Ni confession, ni confidence, mes mots à la place des mots des autres qui me servent souevnt à dire ce que j'aime, ce que je pense, ce qui m'interpelle... je garde les confidences pour un domaine plus restreint que celui du net

    Pour les souvenirs, tu sais, ton entourage peut les raviver, mais le hasard fait souvent bien les choses :une situation, un objet, une odeur... des choses anodines et non programmées qui font remonter à la surface des impressions d'enfance, qui,en allant fouiller un peu plus loin font parfois revenir des souvenirs oubliés.
    Je marche beaucoup avec l'odorat dans ce domaine. C'est toujours inattendu, et ...étonnant

    FADETO : J'aime beaucoup ta première phrase, je ressens bien les choses comme cela.
    En tout cas, je n'est été, ni ne suis, ni ange ni démon, mais juste quelqu'un de très banal(j'aime pas le mot "normal")

    Posté par Syl69, 06 mai 2009 à 09:53
  • Moi, c’est le mot banal que je n’aime pas, et comme je me suis demandé pourquoi, je suis allé dans un dictionnaire et voici ce que j’ai trouvé comme synonyme
    usé, commun, rebattu, ressassé, éculé, épuisé, fade, terne, insignifiant, sans intérêt, inexpressif, ennuyeux, fastidieux, indifférent, inintéressant, pâle, quelconque, falot, ordinaire, accoutumé, courant, coutumier, usuel.
    familier, fréquent, normal, moyen, classique, simple, habituel, médiocre, plat, monotone, morne, insipide, prosaïque, vulgaire, trivial, connu, stéréotypé, conventionnel, factice, préfabriqué, répandu, identique, semblable.

    On m’a déjà dit que je me sous estimais et pourtant je me crois pas banal, je suis tout simplement moi, avec mes faiblesses et mes forces, mes défauts et mes qualités, comme toi

    Posté par fadeto, 06 mai 2009 à 13:33
  • FADETO : Si tu m'avais vu en train de lire ton comm et la longue liste de synonymes : je me suis enfoncée un peu plus à chaque mot lu, comme un clou à qui on tape sur la tête...

    C'est sûr, j'abandonne le mot "banal" mais je ne prends toujours pas le mot "normal". Je ne l'aime pas non plus.
    Trouve-moi un autre mot s'il te plait !

    Posté par Syl69, 06 mai 2009 à 14:13
  • -je te l'ai dessiné! Ça c'est la caisse. Le mot que tu veux est dedans !

    Posté par fadeto, 06 mai 2009 à 16:10
  • Quelqu'un de ben ordinaire, comme dirait Charlebois. Ah ah ah !

    Je ne pense pas que ce soit péjoratif, dasn ce sens.

    Posté par phil, 06 mai 2009 à 18:38
  • FADETO : Merci, tu es trop bon ! Il est où le pied de biche pour faire sauter le couvercle

    PHIL : Merci. J'ai commencé ma journée en fredonnant Charlebois et je vais terminer de même. Et ce n'est pas désagréable.

    Posté par Syl69, 06 mai 2009 à 19:48
  • s'il te plait, trouve moi un m...

    le petit prince n'a pas besoins de faire sauter le couvercle, fait comme lui

    Posté par fadeto, 06 mai 2009 à 20:02
  • Oui, bien sûr !Tu as raison.

    signé : Sylbrute

    Posté par Syl69, 06 mai 2009 à 20:39

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